Ouverture · Kamel Gaha

Son Excellence Madame Laura Baeza, Ambassadeur de l’UE à Tunis,
M. Mohammed Bedoui, Président de l’UET
M. Carles Torner, Directeur Exécutif du PEN International

Je vous transmets à tous ainsi qu’aux créateurs invités les félicitations du Ministère de la Culture et du Pr. Mourad Sakly pour la tenue de cette Deuxième rencontre euromaghrébine des écrivains autour d’un thème des plus stimulants et des plus déterminants dans la conjoncture nationale et internationale très sensible du moment: «Littérature et engagement».
Au cours de l’histoire de l’humanité, l’art et la littérature ont toujours été de puissants leviers dans les processus d’émancipation des individus, des sociétés et de l’espèce humaine, de tous les carcans qui les ont entravés, qu’ils soient politiques ou idéologiques; et s’ils ont pu assumer cette fonction salutaire, l’art et la littérature l’ont fait en revendiquant la liberté inaliénable du créateur comme valeur éthique et esthétique à la fois. L’aptitude à se dégager des lieux communs, des stéréotypes et des conventions et à ouvrir le discours et l’imaginaire sur un possible plus large, plus fécond et plus généreux semble ainsi intrinsèquement entrer dans la définition même de ces pratiques et constituer leur essence en profondeur. Sans la liberté qui caractérise la littérature, l’engagement risque de se muer en dogme et la différence en exclusion farouche de l’autre.
Plus que jamais, l’humanité a besoin de l’intelligence et de la liberté de ses créateurs pour venir à bout des limites et des contradictions ethniques, confessionnelles, économiques et idéologiques qui la condamnent au spectacle désolant de l’incompréhension, du malentendu, du contresens, de la cupidité aveugle et de la violence généralisée et spectaculaire qu’elle donne d’elle-même; pour en venir à bout en les pensant et en les représentant, mais surtout en montrant que la bêtise et la laideur ne sont pas une fatalité et qu’un autre monde est possible que nous ne devinons même pas ou que nous pressentons à peine.
Cet engagement-là, qui est un devoir d’intelligence, représente probablement l’une des dernières chances pour l’homme et pour la planète; c’est dire encore une fois si cette rencontre et ce qu’elle peut susciter comme démarches individuelles ou collectives est importante pour nous Tunisiens, mais aussi citoyens du monde.

Bonne chance à vous tous, à nous tous.

Kamel Gaha
Directeur de la Bibliothèque Nationale de Tunisie
Director of the National Library of Tunisia

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